La blockchain : une révolution économique

La blockchain : une révolution économique.

Blockchain. C’est un mot que nous avons tous déjà entendus, parfois sans réellement le comprendre. Pourtant, la blockchain marque l’entrée dans une nouvelle ère économique. Cette jeune invention a pour ambition de prendre le pas sur les institutions classiques pour gérer les transactions monétaires. Alors qu’est-ce que la Blockchain ? Quels sont les enjeux pour l’économie ?

Le fonctionnement de la Blockchain

La blockchain est définie par Claire Balva, fondatrice de Blockchain France – une entreprise chargée de démocratiser la blockchain auprès du grand public et des entreprise – comme « une technologie de stockage et de transmission d’information qui est sécurisée, transparente et qui fonctionne sans organe centrale de contrôle. »

Un exemple concret peut permettre de mieux comprendre ce nouveau concept. Une nouvelle monnaie est mise sur le marché à une date X, en quantité limité. Un individu souhaite se procurer l’équivalent de 10€ de cette monnaie. Il va alors acheter une certaine quantité de monnaie à la personne qui la détient en échange des 10€. Une fois le transfert effectué, ils vont tous les deux noter la date, l’heure, le montant, l’émetteur et le récepteur de la transaction dans un registre, qu’ils vont signer. A partir du moment où les deux protagonistes signent, il est impossible de modifier la transaction. 

Cet individu décide ensuite de vendre la moitié de la somme de monnaie qu’il détient à un ami. De même, ils vont noter toutes les informations relatives à cette vente dans le registre. Et ainsi de suite. Les détails concernant chaque transaction effectuée avec la nouvelle monnaie sont notés dans ce registre.

Le registre est accessible à tout le monde. N’importe qui peut le consulter n’importe quand. Puisque tout ce qui est relatif à cette monnaie est notée dans le registre, il est possible de tracer la provenance de chaque unité de monnaie qu’un individu détient. Pour l’exemple vu précédemment, il est possible, en consultant le registre, de déterminer que l’individu et son ami détiennent tous les deux l’équivalent de 5€ de la nouvelle monnaie.

Ce registre, c’est la blockchain. La monnaie représente une cryptomonnaie. Chaque page du registre est en réalité un bloc de données, constitué par des transactions effectuées avec la cryptomonnaie.

Toutes les transactions sont, certes, publiques, mais elles permettent également de garantir l’anonymat de l’acheteur et du vendeur. En effet, seuls ceux qui ont participé au transfert d’argent ont accès à la totalité des informations relative à ce dernier. Les autres peuvent voir l’heure, la date et le montant, mais pas l’identité des acteurs.

Une fois qu’un bloc de la blockchain a été rempli, il faut le sceller pour s’assurer que les transactions ne soient plus modifiées. Sans trop rentrer dans les détails techniques, il faut trouver une clé qui protège le bloc et qui puisse permettre de vérifier son intégrité à tout moment. Cette clé est trouvée grâce à la puissance de calculs de nombreux utilisateurs. En effet, la blockchain repose sur le fait que certains individus acceptent, en échange d’un petit pourcentage de la monnaie, d’utiliser leurs ordinateurs pour calculer cette clé.

D’un système bancaire institutionnel à un système bancaire décentralisé.

Une des caractéristiques principales de la blockchain, qui rends cette technique si révolutionnaire, c’est l’absence d’organes de contrôle. Dans le système monétaire actuel, les monnaies sont émises par un Etat, et sont contrôlées par les banques centrales. La monnaie est soumise à l’offre et à la demande. Elle est régulée par les politiques monétaires.

Le fonctionnement des cryptomonnaies est totalement différent. Il n’y a aucune institution, aucune banque, aucun gouvernement qui ne les contrôlent. Leur valeur n’est déterminée que par l’offre et la demande. Si l’offre est faible et la demande élevée, le prix d’une cryptomonnaie va augmenter, et inversement si l’offre est élevée mais la demande faible. 

C’est d’ailleurs en réponse à la défaillance des banques que la blockchain et la première cryptomonnaie, le Bitcoin, sont apparues. En effet, suite à la crise de 2008 une forme de méfiance s’est créée vis-à-vis des banques. C’est dans ce contexte qu’a été publié un livre qui détaille le fonctionnement du Bitcoin, une monnaie numérique qui fonctionne sans banque, mais grâce à la blockchain. Le livre a été publié sous un pseudonyme, Satoshi Nakamoto. Le véritable auteur reste encore inconnu aujourd’hui.

Mais si ce ne sont pas les institutions, qui s’occupe des cryptomonnaies ? Les cryptomonnaies et la blockchain dépassent les gouvernements. Ce sont les utilisateurs eux-mêmes qui permettent à ces nouvelles technologies d’exister. Pour être plus précis, ce sont les individus qui calculent les clés pour sécuriser les blocs de la blockchain qui assurent le bon fonctionnement des cryptomonnaies. Ils permettent de sécuriser les transactions qui sont effectués, donc d’assurer la pérennité de la monnaie. 

L’avènement de la blockchain représente donc véritablement le passage d’un système bancaire institutionnel à un système bancaire décentralisé.

Les enjeux de la Blockchain.

L’aspect révolutionnaire de la blockchain est également démontré par les multiples enjeux qui accompagnent cette invention.

Un des avantages majeurs de la blockchain et des cryptomonnaies est de pouvoir, pour reprendre les mots de Claire Balva, « s’échanger de la valeur de pair à pair, sans intermédiaire ». En effet, pour transférer de l’argent à quelqu’un qui est à l’autre bout du monde, il faut aujourd’hui attendre plusieurs jours afin que la banque effectue toutes les démarches. Avec la blockchain, il est possible d’envoyer n’importe quelle somme d’argent à n’importe qui dans le monde en quelques secondes. Plus important encore : les frais de transferts sont considérablement réduits.

De plus, les cryptomonnaies sont gages de sécurité économique pour de nombreux habitants dans les pays en voie de développement. Pour ces personnes qui vivent avec un gouvernement et une monnaie parfois instables, posséder des Bitcoins ou une autre monnaie numérique peut permettre de conserver un capital en cas de crise économique majeure. Si la monnaie locale est amenée à perdre de la valeur, les cryptomonnaies, elles, ne se déprécieront pas par rapport au dollar ou à l’euro, ce qui permet de conserver du pouvoir d’achat.

Néanmoins, la blockchain suscite également des interrogations. En effet les États doivent s’adapter le plus rapidement possible à cette nouvelle technologie. Une des questions que se posent aujourd’hui de nombreux gouvernements est la question de la fiscalité. Comment imposer des taxes sur les ventes s’il est impossible de connaître l’identité de l’acheteur et du vendeur ?

Il découle de cet anonymat un autre problème de taille pour les gouvernements et polices : l’usage des cryptomonnaie pour payer des activités illégales. En effet, de plus en plus de groupes terroristes ont adoptés les monnaies numériques pour acheter des armes, des munitions etc. La traque des enquêteurs n’en devient que plus difficile. De même, la blockchain facilite le blanchiment d’argent. 

Mais, la blockchain ne sert pas uniquement de registre des transactions monétaire. En réalité, il existe un nombre incalculable de domaines dans lesquels la blockchain peut trouver une utilité. Au lieu de regrouper des informations relatives à des transferts d’argent, la blockchain peut stocker d’autres données. Par exemple, un système de blockchain pourrait être mis en place dans le domaine de l’art. Ainsi, à chaque fois d’une vente d’œuvre d’art est effectuée, la date, l’heure, le montant, le vendeur et l’acheteur sont notés dans une blockchain. 

Une multitude de secteurs sont susceptibles d’être concernés par la démocratisation de la blockchain. Néanmoins, si ce projet se veut être le futur de l’organisation de l’économie mondiale, il faudra encore patienter plusieurs années avant de côtoyer la blockchain dans tous les domaines. Cette technologie est encore jeune et connue par trop peu de personne pour s’implanter dans notre vie de tous les jours.

Foucault Séchet

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