Le Gouvernement dévoile son plan de soutien au secteur automobile.

Le Gouvernement dévoile son plan de soutien au secteur automobile.

L’épidémie de coronavirus a mis à l’arrêt des pans entiers de l’économie. Les mesures prises pour lutter contre la crise sanitaire ont eu des répercussions sur de nombreux secteurs. Parmi eux, la filière automobile a été particulièrement touchée. En effet, des fournisseurs de pièces automobiles, aux concessions, en passant par les usines : toute la chaine de production a été mise à l’arrêt. Le secteur qui représente 18% du chiffre d’affaires de l’industrie française à enregistré une baisse moyenne d’activité de plus de 80%. 

La filière fait face à l’une des pires périodes de son histoire. Interrogé par France Bleu Alsace, Marc Becker a fait part de ses inquiétudes quant aux conséquences de la mise à l’arrêt des usines sur le secteur automobile. Le président du pôle « véhicule du futur Alsace-Franche Comté » a déclaré que la crise que le secteur traverse est pire que la crise de 2008. « La dernière crise remonte à 2008, le plongeon était de l’ordre de 40 à 50%, mais là c’est beaucoup plus profond, toutes les usines sont à l’arrêt » a-t-il souligné.

Pour Renault, les dégâts se font déjà ressentir. Le constructeur automobile français a annoncé le 28 mai la suppression de 15 000 emplois dans le monde, dont 4 600 en France. L’entreprise est en grande difficulté financière depuis le début de la crise et cette mesure est « vitale » pour sa survie, selon la directrice générale Clotilde Delbos.

Un plan de soutien axé en trois parties

Le gouvernement a pris conscience de la gravité de la crise que le secteur automobile traverse et a ainsi dévoilé le mardi 26 mai son plan de soutien à l’automobile. Emmanuel Macron, président de la République, et Bruno Le Maire, ministre de l’économie et des finances, ont orienté la relance de l’automobile autour d’une industrie verte et compétitive. Ils se sont fixé trois objectifs à atteindre : renouveler le parc automobile français en faveur des véhicules propres, investir pour inventer et produire en France les véhicules de demain et soutenir les entreprises en difficulté et protéger leurs salariés

Dans un premier temps, l’accent est mis sur un soutien immédiat à la demande en faisant le choix de la transition écologique. Le gouvernement souhaite que la filière française soit la chef de file d’une automobile plus verte. Deux mesures phares ont été prises dans ce sens. A partir du premier juin, le dispositif de bonus écologiques pour les véhicules électriques et hybrides sera renforcé. En effet, lors de l’achat d’un véhicule électrique, il pourra s’élever à 7 000€. Pour un véhicule hybride rechargeable, un bonus de 2 000€ va être instauré. La prime à la conversion va également être rendue plus ouverte pour que le parc automobile français soit moins polluant et moins émetteur de CO2. Ainsi, cette prime pourra atteindre jusqu’à 5 000€. Enfin, le déploiement des bornes électrique sera accéléré, pour atteindre 100 000 bornes en 2021. Ces dépenses cumulées représentent un total d’1,335 milliards d’euros financés par l’Etat.

Dans un deuxième temps, le gouvernement souhaite soutenir l’offre en investissant pour assurer la compétitivité de la filière automobile française. Pour cela, un fond d’avenir pour l’automobile sera créé. 1 milliards d’euros seront alloués « à la modernisation et la numérisation des chaînes de production, à la transformation écologique de la filière automobile et à l’innovation », d’après le dossier de presse publié par le gouvernement.

Dans un troisième temps, ce sera le soutien aux salariés qui sera privilégié autour de trois mots clés : protéger, accompagner et former. Un plan massif de développement de compétence va être mis en place et va permettre aux salariés de se former en priorité sur des « actions prioritaires (santé, robotisation, digitalisation, transition écologique) ». De plus, des mesures vont être prises pour réduire le coût d’un jeune en alternance et d’ainsi faciliter la formation et donc pérenniser l’activité du secteur automobile.

Le plan de soutien au secteur automobile proposé par le gouvernement est prometteur. Mené à terme, il pourra permettre à la France de se placer dans les premiers en matière de transition écologique automobile. Cependant, à l’image de Renault, les entreprises françaises sont en grande difficulté à l’heure de cette crise inédite. Les pertes de chiffre d’affaire, couplées aux licenciements, risquent de fragiliser l’industrie automobile française, et de rendre difficile la mise en place des mesures proposées par le gouvernement.

Foucault Séchet 

Soyez le premier à commenter

Poster un Commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.


*