La date du 3 janvier 2009 vous dit-elle quelque chose ? Pourtant, en ce jour symbolique, le monde bascula. Création et mise en marche d’une des premières crypto-monnaie que nous connaissons tous : le bitcoin. Près de 10 ans passent, et son cours boursier affiche près de 13 000 dollars. Le bitcoin, sans parler de sa fulgurante croissance, risque de devenir le fer de lance d’une révolution monétaire. Explication d’un phénomène virtuel à répercussions, elles, bien réelles.

Le Bitcoin, c’est quoi ?

Petit rappel pour les néophytes. Le bitcoin est une monnaie virtuelle, c’est-à-dire qu’elle n’a pas d’existence physique. Un bout de code, en somme. Contrairement aux devises classiques, le bitcoin n’est pas régulé par une autorité bancaire classique, comme celles que l’on connait (banques, banques centrales, fonds monétaires…). Elle utilise la technologie blockchain : des « mineurs » tentent de rendre la monnaie de plus en plus sécurisée, et reçoivent en échange des bitcoins, ce qui fait circuler la devise selon ce fonctionnement « donnant-donnant ». 

Un pari assez fou, lancé par un dénommé Satoshi Nakamoto. Celui de proposer une alternative monétaire, totalement virtuelle, opaque, et privée. Elle fut pendant de nombreuses années utilisée seulement par les agents économiques désireux de conserver une certaine discrétion concernant leurs transactions. Dealers, vendeurs d’armes, un joli monde hétéroclite se réunissant le plus souvent sur le darkweb (la face cachée d’Internet). Jusqu’à l’explosion de son cours, fin 2017.

Un projet devenu très sérieux

Celle-ci, regardée d’un œil moqueur par les différentes institutions bancaires à son lancement, ne fait aujourd’hui plus rire personne. C’est même plutôt le contraire. De nombreuses nations occidentales se sont mises à investir, dans la logique du « on ne sait jamais ». Mais c’est réellement au cours des dernières semaines que les choses ont basculées. PayPal vient d’annoncer qu’il proposera bientôt un service de vente, d’achat et d’échange de la fameuse crypto-monnaie. Attendu dès 2021, réaliser toutes ses transactions en Bitcoin ne sera pourtant pas disponible tout de suite. Il faudra patienter. Et quand bien même il est encore un peu trop tôt pour s’imaginer vivre à base de crypto-monnaies, la manœuvre de PayPal n’est pas anodine. Elle révèle une tendance qui risque de prendre de l’ampleur dans les années à venir : le basculement vers les systèmes monétaires privés.

Et pour cause, la pandémie mondiale qui nous est tombée dessus n’a pas arrangée les choses. La Covid-19 a en effet drastiquement accéléré la situation. Depuis les années 1980, toutes les institutions bancaires et gouvernementales adoptent une posture économique ultra-libérale, selon le concept de ‘main invisible’. Pour faire simple, le marché est autonome et se régule de lui-même. Conséquence : les marchés financiers et les investisseurs dominent l’économie, la spirale de prêts continue de tourner de plus en plus vite. Une politique de l’endettement, et même du surendettement, éloignant de plus en plus la possibilité d’un remboursement. 

Perte de confiance

Évidemment, depuis la pandémie déclarée en mars dernier, les plans de relance qui ont été mis en place ont fait encore grimper les dettes nationales de façon exponentielle. Résultat ? Une perte de confiance de plus en plus marquée de la part des consommateurs envers les institutions bancaires, et envers le système économique en général. Le dollar, l’euro, le yen… has been ? Ce qui est sûr, c’est que l’anticipation de leur dépréciation prochaine ne ravit personne. 

La solution ? Les monnaies virtuelles ! Prière de ne pas rigoler, le scénario paraît assez réaliste. Banques virtuelles, la monnaie virtuelle Libra créée par Facebook… les solutions numériques se multiplient. Tandis que les gouvernements occidentaux perdent la confiance de leurs citoyens, que les tensions se multiplient, il semble assez logique que nos chers « contribuables » pourraient se tourner vers d’autres alternatives monétaires. Renforçant, par la même occasion, l’emprise des GAFAM sur les populations. L’économiste Friedrich Hayek avait réclamé dès les années 1970 de mettre un terme au monopole monétaire des états. « La monnaie est la seule chose que la concurrence ne rendra pas peu cher, car son attrait réside précisément dans sa capacité à préserver sa ‘cherté’. » Vers une concurrence des devises et des monnaies ? L’avenir seul nous le dira, en attendant, à vos bitcoins !

Pierre Karst

Sources : 

Charlie Perreau, Journal du Net, « Bitcoin :  le seuil symbolique des 15 000 dollars a été franchi en novembre 2020 », https://www.journaldunet.com/patrimoine/guide-des-finances-personnelles/1210185-bitcoin-le-seuil-symbolique-des-15-000-dollars-a-ete-franchi-novembre-2020/, consulté le 06/11/2020  

Louis Neveu, FuturaSciences, « PayPal autorise l’achat et la vente de crypto-monnaies. », publié le 22/10/2020, https://www.futura-sciences.com/tech/actualites/tech-paypal-autorise-achat-vente-cryptomonnaies-83778/, consulté le 06/11/2020

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *