Le Maroc accélère progressivement l’intégration économique du Sahara occidental, seul territoire du continent africain dont le statut post-colonial n’a pas été réglé. Le Roi du Maroc, Mohammed VI a récemment dévoilé un programme ambitieux pour exploiter l’état non-autonome, point stratégique vers l’Afrique subsaharienne.

Lors d’un discours prononcé par le Roi le 7 novembre, à l’occasion du 45ème anniversaire de la marche verte, le chef d’état a prononcé un programme plein d’ambitions pour exploiter de nouveau le Sahara occidental. La marche verte qui avait permis la libération des provinces du Sud et mis fin à 75 ans de colonisation et d’occupation, est un véritable symbole pour le Maroc. Elle avait mobilisée 350 000 marocains et ainsi permis au pays nord-africain de parachever son intégrité territoriale dans ses frontières du Sud.

Le royaume, ancienne colonie française, considère comme primordial d’exploiter le potentiel des provinces du Sud et de transformer cette région saharienne en une base économique tournée vers l’Afrique de l’Ouest. En conséquences cela passe d’abord par de lourds investissements, affirme les autorités marocaine. 

Le Sahara occidentale, ancienne colonie espagnole jusqu’à 1976, est une véritable charnière entre le monde méditerranéen et l’Afrique subsaharienne ; entre un monde arabisé et un monde divisé en fractures ethniques ; entre des populations islamisées et d’autres animistes ou chrétiennes. Il est donc un endroit stratégique pour le pays francophone. De plus, ce dernier a des ressources (gaz, pétrole, uranium) et suscite donc les convoitises des pays le bordant (Maroc, Algérie et Mauritanie.). Ainsi, une centaine de chantiers d’envergure ont été intégrés dans le projet de Loi de finances 2021, présenté en octobre dernier par le gouvernement marocain. Comme par exemple le centre hospitalier universitaire de Laâyoune, principale ville du Sahara occidentale. De plus, le Maroc est sur le point d’achever une voie express de plus de 1.000 km entre Tiznit et Dakhla, en passant par Laâyoune, qui met en avant un autre “projet majeur” à savoir le futur port de Dakhla Atlantique ; point stratégique du Sahara. Ce port devrait alors assurer des dessertes maritimes vers Casablanca, Tanger et ou encore les îles espagnol de Las Palmas. Mais aussi Dakar et les ports du golfe de Guinée.

Ce développement passe aussi par le tourisme, avec six stations balnéaires programmées dans le Sahara, dont celle de Guelmim Plage blanche, ainsi qu’une autre à Dakhla, spot de kitesurf, « déjà en rapide expansion ». Plusieurs usines de dessalement de l’eau de mer seront nécessaires pour donner aux touristes et à la population un accès suffisant à l’eau potable. De plus, l’exploitation du territoire, passera également par les énergies renouvelables : l’éolienne, le solaire et même l’hydrolienne.

Pour finir, l’exploitation est une véritable expansion économique pour le Maroc, mais également diplomatique. Le Maroc compte évidemment sur le territoire de 226.000 km2 pour reprendre sa culture, ses idéaux et sa politique. En effet, l’ouverture de consulats de 16 pays africains vont être mis en place dans les principales villes du Sahara occidental.

Ces nouvelles ambitions marocaines ravivent cependant certaines tensions dans la région.

En effet, le mouvement indépendantiste du Front Polisario, soutenu par l’Algérie, et le Maroc, à l’extrême sud du Sahara occidental se sont confrontés ces dernières semaines. L’armée marocaine est intervenue vendredi au poste frontière de Guerguerat, à la frontière avec la Mauritanie, pour rouvrir le trafic routier.

Le Maroc a mené vendredi 6 novembre une opération militaire à Guerguerat pour débloquer le trafic routier vers la Mauritanie. Depuis trois semaines, le poste frontière de Guerguerat, à l’extrême sud du territoire désertique, était obstrué par des centaines de Sahraouis, peuple revendiqué par le Maroc, venus manifester pour demander l’organisation d’un référendum sur leur autodétermination. Le Polisario qui représente les Sahraouis estime lui que l’intervention du Maroc constitue une violation du cessez-le-feu de 1991. Il a décrété “l’état de guerre” et affirme que des combats se poursuivent. Cette opération s’est déroulée “sous les yeux de la Minurso”, la force d’interposition de l’ONU.

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