Alors que l’Europe se reconfine et fait craindre le pire aux commerces non-essentiels, il y en a un que la pandémie n’a sûrement pas atteint : Google. Google a levé plus de 46 milliards de dollars en 2020, soit une hausse de 14%, ce qui comptabilise pour 11 milliards de bénéfice. Cependant Google fait face à de nombreuses poursuites antitrust sur trois des cinq continents.

Google VS William Barr

La dernière en date nous vient du Department of Justice, DoJ (en français : le département de la Justice) aux Etats-Unis. Les autorités américaines attentent une action judiciaire contre Alphabet, entreprise qui gère les activités de moteur de recherche de Google, après 14 mois d’enquête. Menée par le procureur général William Barr, Google est poursuivi pour abus de position dominance autrement dit pour monopole. Google jouit d’un monopole dans le domaine de la recherche et des produits publicitaires en ligne. Ses parts de marché seraient telles qu’il serait impossible réellement de rentrer sur le marché. GooglePlex, le siège social de Google, est accusé de priver ses concurrents de données des internautes qui servent au ciblage publicitaire. L’enquête met en lumière deux pratiques en particulier :

  • Search bias : favoriser ses propres propriétés comme dans les services d’achat, de réservation, de recommandations
  • Search distribution : payer ses partenaires afin que Google apparaisse comme le moteur de recherche par défaut

Google est dans le collimateur de la justice américaine depuis plusieurs années. L’action en justice serait la plus  importante contre un géant de la Big Tech américaine depuis l’affaire Microsoft d’il y a 20 ans pour infractions aux lois antitrust.

Google sur plusieurs fronts

En Italie, Google est accusée d’abus de position sur le marché de la publicité d’affichage en ligne par l’IAB, un groupe d’acteurs de la publicité sur internet. C’est l’Autorità Garante della Concorrenza e del Mercato (en français : l’Autorité garante de la Concurrence de marché) qui mène une enquête antitrust concernant les displays adversiting qui concernent les produits publicitaires de nature graphique comme les images et vidéos. Grâce à ses applications comme Google Maps et Google Drive, Google recueillerait un nombre conséquent de donner sur les internautes. Ces données seraient alors utilisées à des fins discriminantes dans le secteur de la publicité.

Ce n’est pas la première fois que Google est mis en cause en Europe. Depuis l’arrivée de la commissaire Margrethe Vestager à la Concurrence en 2014, celui-ci a cumulé les amendes. La plus récente et la plus petite était de 1,49 milliard d’euros et avait été émise contre Google AdSense, régie publicitaire de Google. Quant à la première, celle-ci était de 2,4 milliard d’euros pour abus de position dominante liée à Google Shopping. Et puis en 2018, il y eut la plus grande amende jamais imposée à une GAFAM : 4,3 milliard d’euros pour pratiques déloyales dans l’écosystème Android. Le Parlement européen se montre de plus en plus sévère envers les géants du numérique et opte pour une stricte régulation de leurs pratiques.

En Chine, une plainte a été déposée par le géant chinois Huawei auprès du Conseil des Affaires de l’Etat chinois. Ce serait l’écosystème qui serait de nouveau mis en cause pour entrave à la concurrence.

Face au monopole de Google, quelles sanctions et quelles solutions ?

Hormis les amendes, le démantèlement d’activité est envisagé. Celui-ci consiste à céder certaines activités à d’autres structures ou groupes après rachat afin de ne plus avoir tous les pouvoirs centralisés. Cette solution serait envisagée aux Etats-Unis mais rien n’est fait. L’affaire devrait se conclure en novembre 2021, dans un an.

En octobre dernier, les moteurs de recherche alternatifs européens et américains : Ecosia, Owant et Lico, DuckDuckGo  ainsi que Seznam.cz, ont émis une lettre à l’attention de la vice-présidente de la Commission européenne. Ceux-ci demandent de rendre obligatoire la présence de moteurs de recherche alternatifs sur les écrans des téléphones et tablettes Android à l’achat en Europe. Ils dénoncent le système d’enchère qui demande aux concurrents d’avoir un porte-monnaie conséquent afin de payer Google pour apparaître aux démarrages de ces appareils. Ils veulent que cette pratique soit abolie pour un automatisme sans contrepartie financière. Une réunion tripartite avec Google et la Commission européenne est ainsi attendue pour discuter de leurs revendications.

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