Le Coronavirus : un danger pour les clubs de football

Le 13 mars 2020, toutes les compétitions sportives ont été définitivement arrêtées à cause de la crise du Coronavirus. Presque 1 mois après cette décision les premières inquiétudes apparaissent quant aux situations des clubs. Absence de droits TV ; Mercato bancal ; des recettes de billetteries nulles et des sponsors refusant tout versement, tous ces problèmes sont aujourd’hui au cœur des discussions dans le milieu du football. 

Certains clubs menacés de faillites ? 

Depuis le 13 mars l’absence de matchs dans les ligues de football signifie une perte colossale d’argent pour les clubs. En effet les rencontres étant annulées, le Covid-19 a réduit les recettes de billetterie à 0 (on comptera aussi les produits dérivés et recette de buvette), un inconvénient important lorsqu’on sait que ces ventes représentent 9% du budget des clubs en général. Or le véritable problème pour les clubs ne s’arrête pas ici car l’arrêt des compétitions signifie que les droits TV ne seront pas payés. Les chaînes de retransmission refusent de régler leurs derniers versements, à savoir 110 millions d’euros pour Canal + et 42 millions d’euros pour Bein Sport qui sont les 2 chaines se répartissant les matchs de ligue 1 et de ligue 2. Ces décisions vont avoir un impact très néfaste sur les clubs, on parle ici de 36 à 50% du budget total. En plus des droits TV, ce sont désormais les sponsors qui se retirent. En effet sans aucun match diffusé, il n’y aurait plus aucune visibilité pour les marques partenaires. 

En Italie et en Allemagne, les experts ont évalué les pertes totales (droits TV plus billetterie) à plus de 700 millions d’euros, et jusqu’à 400 millions en France, toujours en cas d’arrêt total de la saison. En Espagne, La Liga Santander a estimé à environ 700 millions d’euros les pertes possibles en cas de non reprise de la saison, dont 500 millions d’euros pour les seuls droits TV.

Si les grands clubs européens comme le Bayern Munich ou le FC Barcelone admettent avoir quelques réserves, les autres clubs professionnels disposent quant à eux de moins de trésorerie et espèrent une reprise rapide des championnats pour pouvoir relancer leurs finances. 

C’est d’ailleurs pour cela que l’insistance de toutes les Ligues pousse à reprendre à huis clos dès que possible, pour au moins récupérer les droits des diffuseurs. 

Quels impacts sur les joueurs ? 

Il est évident que sans apport financier des sponsors, droits TV … Les clubs sont en manque d’argent et peine ainsi à payer les salaires des joueurs qui représentent 54% des dépenses en moyenne. En France, plusieurs ont déjà recouru au chômage partiel (Lyon, Marseille, Monaco…), en revanche en Bundesliga, les joueurs ont souvent proposé spontanément de renoncer à une partie de leurs salaires (Mönchengladbach, Bayern, Dortmund notamment).

Du côté de Barcelone, un accord a été trouvé entre les représentants du vestiaire (Sergio Busquets, Lionel Messi et Gérard Piqué) et la direction pour réduire les salaires sans passer par un chômage partiel qui affecterait tous les employés du club. Au niveau national, La Liga Santander quant à elle envisage de réduire les salaires des joueurs de 20% en cas d’annulation de la fin de saison. Et la fédération espagnole a annoncé mercredi le déblocage de 500 millions euros d’aides remboursables pour venir en aide aux clubs professionnels de 1re et de 2e division.

En Premier League anglaise, là où les salaires sont le plus élevés, rien ne se fera sans l’accord des joueurs, protégés par des contrats en béton. La situation de l’autre côté de la manche semble un peu plus délicate car les syndicats des joueurs ne semblent être ouverts qu’à un simple report de salaire. En Angleterre, même si les clubs de Premier League vont être touchés, leurs situations ne sont pas vraiment inquiétantes car leurs ressources sont suffisantes pour tenir jusqu’en septembre prochain. La Ligue s’inquiète plutôt par rapport aux clubs de 2e et 3e division qui disposent de beaucoup moins de moyens. 

Le crédit, une solution ? 

La ligue de football semble être prête à tout pour éviter un crash trop important, c’est pourquoi la LFP peut se tourner vers des financiers privés qui lui avanceraient les montants des prochains droits 2020-2024. Elle rembourserait ensuite ces créanciers au fil des versements de Mediapro, qui doit payer 780 millions d’euros par saison. Reste à trouver ceux qui accepteront ce coûteux deal, mais a priori cela risque d’être la seule solution pour sauver les clubs les plus fragiles. En attendant les clubs s’organisent et une cellule de crise de 8 présidents de Ligue 1 (PSG, Lyon, Marseille, Lille, Rennes, Saint-Étienne, Toulouse et Nice) représentant 85% du chiffre d’affaires des clubs français de Ligue 1, s’est même constituée pour négocier directement avec les diffuseurs et même chercher un crédit auprès d’un fonds d’investissement étranger.

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