Le faux-pas du président du Medef provoque l’indignation.

Pour Geoffroy Roux de Bézieux, président du Medef, les salariés devront travailler plus à la sortie du confinement pour pallier aux conséquences économiques.

La crise du Coronavirus paralyse la France depuis maintenant quatre semaines et les répercussions sur l’économie se font déjà ressentir. Le ministre de l’Économie et des Finances Bruno Le Maire a annoncé le 14 avril que la prévision de croissance pour le projet de loi de finances rectificative sera fixée à -8%. C’est la pire performance en France depuis la fin de la seconde Guerre Mondiale. L’emploi est inévitablement impacté. Le confinement empêche la plupart des français de travailler et beaucoup d’entre eux profitent du chômage partiel. Cette mesure mise en place par le gouvernement bénéficiait le 11 avril à 8 millions de salariés et plus de 700 000 entreprises. Une question se pose alors : comment relancer l’économie après la crise ?

Lors d’une interview donnée au Figaro le 10 avril, Geoffroy Roux de Bézieux affirme que « l’important, c’est de remettre la machine économie en marche et de reproduire de la richesse en masse, pour tenter d’effacer, dès 2021, les pertes de croissance de 2020. » Le numéro un du syndicat patronal soutient l’idée que les salariés devront, dès la levée des mesures de confinement, redoubler de travail pour rattraper les dégâts causés par la mise à l’arrêt de l’économie. L’intérêt pour lui est d’« accompagner la reprise » et de « faciliter […] la création de croissance supplémentaire ». 

Cette prise de position a dans un premier temps été soutenue par le gouvernement en la personne d’Agnès Pannier-Runacher, secrétaire d’État auprès du ministre de l’Économie et des Finance, qui déclare au micro de France Info qu’il sera probablement nécessaire de « travailler plus que nous ne l’avons fait avant ». Mais le ministre de l’Economie est revenu sur ces dires et qualifie la proposition du président du Medef de « drôle d’idée ». En effet, Bruno Le Maire déclare le 14 avril sur BFMTV qu’il faudra « faire des efforts », mais qu’il s’attend avant tout à voir « un effort de solidarité entre les entreprises ». Il souhaite notamment un effort « des grandes entreprises vis-à-vis de leurs sous-traitants », et « des grands distributeurs vis-à-vis des producteurs français pour avoir des produits agricoles français dans les grands magasins. »

Dans ce contexte de crise, la surprenante prise de parole de Geoffroy Roux de Bézieux a suscité de vives réactions dans toute la classe politique. Xavier Bertrand, président de la région Haut-de-France, se demande sur BFMTV si « on veut rendre fous les Français. » Il indique être « farouchement contre » le fait de faire payer les salariés. Adrien Quatennens, député du Nord de la France Insoumise, s’indigne sur BFM Grand Lille des propos du président du Medef sur et affirme que « non, les salariés ne peuvent pas payer cette crise. » Sur France 2, le président de la CDFT Laurent Berger juge « totalement indécent » cette annonce et appelle les entreprises à prendre leurs responsabilités face à la crise.

Suite au tollé provoqué par ses propos, le président du Medef les a précisés au micro d’Europe 1. Selon lui, sa déclaration a été mal perçue parce que mal comprise. En effet, il corrige ceux qui ont déformé ses dires par rapport au « travailler plus », et affirme qu’il a dit espérer que « dans quelques mois, la demande repartira. » De plus, il insiste sur l’idée que c’est « travailler plus pour gagner plus », et non pas comme il lui a été reproché, « pour gagner moins. » Il renoncera finalement à sa proposition d’augmentation du temps de travail qui ne peut se faire, selon lui, que « dans le dialogue social avec les syndicats. » Or il estime qu’au vu des réactions de ces derniers, « le débat est clos d’une certaine manière ».

Foucault Séchet 

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