Un véritable combat a maintenant lieu depuis un mois entre SUEZ et Véolia. En juillet 2020, ENGIE, principale actionnaire de SUEZ, a annoncé son intention de vendre ses parts.

Le 30 août, Véolia se déclare alors intéressée et annonce donc vouloir absorber totalement le groupe français via une OPA. SUEZ tente alors de contrer cette offre en craignant qu’elle entraîne une destruction massive d’emplois. Coup de théâtre, depuis le 1er octobre, le groupe ARDIAN rentre alors à son tour en jeux pour racheter les parts d’Engie. 

Suez, groupe français de gestion d’eau et de déchets comptant plus de 90 000 salariés pour un chiffre d’affaire de 18 milliards d’euros est depuis un mois « traquer » pour sa rivale Véolia, mastodonte multinational de 178 000 salariés et de chiffre d’affaire de 26 milliards d’euros.

Le 31 juillet 2020, Engie, grand groupe industriel énergétique français et actionnaire principale de SUEZ avec 32 % du capital, annonce son attention de vendre ses parts : Engie n’a plus le contrôle du spécialiste de la gestion de l’eau et des déchets depuis juillet 2013 avec la rupture du pacte d’actionnaires de l’entreprise. Suez avait donc récupéré ses services et les assure depuis. Engie avait alors publiquement manifesté fin 2018, à l’issue d’un conseil d’administration, son intention de conserver “son niveau actuel de participation” dans Suez. Cependant, cet été, Pierre Clamadieu président du conseil d’administration d’Engie annonce alors la mise en vente des parts de Suez détenus par Engie.

Le 30 août, l’acteur majeur de toute cette affaire rentre en jeu, Véolia. La transnationale aimerait alors bien en profiter pour racheter les parts, avaler sa rivale et donc fusionner les deux entreprises monopolistiques. Antoine Frérot, directeur de Véolia est sur le dossier depuis de nombreuses années et imagine cette fusion comme un véritable renforcement, consolidation. La vente des parts d’Engie se présente alors pour lui comme l’opportunité de sa vie. Suez tente alors par tous les moyens de se défaire du géant Français.

Pourquoi ce rachat de Suez par Véolia et donc cette fusion serait-elle un véritable drame pour SUEZ ?  

Cette possible fusion serait inutile et dangereuse pour les intérêts de l’économie française.

Suez et Engie sont les leaders de leur marché, les deux plus grandes entreprises du monde dans leur domaine, cette fusion serai alors pour de nombreux économistes comme Elie Cohen un désastre. Ces deux multinationales ne sont pas de simples entreprises industrielles ; c’est-à-dire que leur fusion n’apporterai pas un classique monopôle, les deux géantes françaises ne sont pas spécialisées dans le même domaine, n’ont pas les mêmes capacités et ne sont pas axées sur les mêmes marchés. Suez, meilleur dans la R&D laisserai un vide immense et amènerai donc la perte de nombreux pays demandeurs des services de Véolia et Sue, le temps de la reconversion totale de Véolia dans tous les domaines une fois la possible fusion faites.

Cette opération garantirait d’après le directeur générale de Suez près de 10 000 emplois

En effet, le rapprochement entre Suez et Véolia menacerait près de 10 000 emplois a indiqué mardi Bertrand Camus et son équipe, qui sont donc contre cette fusion. Le rachat de Suez par Véolia serait une casse sociale : plus de 10 000 personnes dans le monde dont seulement 4 000 en France se retrouverai alors sans emploi. Suez a alors précisé que ces calculs avaient été faits « ensemble » avec l’équipe de Véolia en 2012, lorsqu’un rapprochement entre les deux groupes avait déjà été envisagé, puis abandonné. Bertrand Camus, site en 2012 : « Quand on a vu le caractère effroyable du nombre de licenciements qu’on devait faire, on a refermé le dossier directement. » 

    De plus, la crise sanitaire n’est pas à exclure de l’affaire. À un moment où la crise est en train d’évoluer en crise économique et donc en crise sociale, quelle est la logique de détruire des emplois en France ? Une partis des salariés de Suez ont exprimé leur désaccords mardi matin, à La Défense, au siège de Suez. Le groupe bataille depuis fin août pour son indépendance, mais le gouvernement dont Macron, proche ami de Antoine Frérot, PDG de Véolia a malheureusement donné son feu vert pour fusionner les deux groupes. Suez ne se repose maintenant que sur un seul espoir, entré en jeu il y a quelques jours : le groupe Ardian.

Ardian, dernier espoir pour Suez

   Alors que le conseil d’administration d’Engie a prévu de se réunir, lundi 5 octobre, pour finaliser la cession à Veolia de l’essentiel de sa part dans Suez (32 %), le groupe Suez, assiégé, n’a pas rendu les armes. Jeudi 1er octobre, le propriétaire de l’ex-Lyonnaise des eaux a apporté tout son soutien au fonds d’investissement Ardian qui, la veille, avait fait parvenir une lettre d’intention à Engie pour lui racheter cette participation. 

Ardian, société française de capital-investissement, est donc le dernier espoir pour le groupe Suez. Cependant, Ardian indique alors qu’une éventuelle proposition de ce consortium se fera seulement si, au préalable, Veolia retire son offre. Ce qui paraît très improbable puisque Antoine Frérot, reste plus déterminé que jamais à fusionner les deux groupes. Tout reste en tous cas possible ; le soutien de Suez à Adrian est bien présent, d’autant plus qu’Ardian s’engage à maintenir l’emploi dans « les métiers stratégiques » de Suez. Ce qui n’a pas empêché l’intersyndicale de Suez de saluer « une offre amicale » et « un vrai projet industriel »…

Quel est donc l’avenir de la mythique groupe français, premier fournisseur d’eau dans le monde ? Le conseil d’administration d’Engie, actionnaire possédant les 32 % du capital d’Engie, a prévu de se réunir ce lundi 5 octobre pour finaliser cette cession, mais le dossier a le droit à de nombreux rebondissements et à des représentants de Suez acharnés afin de garantir l’existence de l’entreprise française.

Théodore Donguy

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