L’économie française et mondiale a connu en avril 2020, un véritable choc économique. D’après l’INSEE, avec plus de 1 100 000 demandeurs d’emploi en catégorie A et plus de 4 600 000 personnes privées d’emploi en juin, le nombre de chômeurs était en juillet au plus haut dans le pays depuis l’année 1996. 

La situation en France 

Après une baisse « trompe-l’œil » pendant le confinement, où un grand nombre de Français privés d’emploi avaient interrompu leurs recherches, le taux de chômage a nettement grimpé et ne compte pas ralentir prochainement. D’après l’INSEE, à la fin du deuxième trimestre, le taux de chômage en France avait atteint 7,1 %, il devrait ensuite atteindre 9,7 % voire frôlé les 10 % en décembre 2020 soit plus de 1,6 points de plus qu’au même mois l’année passée. (d’après l’Insee, mardi 6 octobre, note de conjoncture mensuelle.) 

Les suppressions d’emploi massives intervenues dû à la crise sanitaire, c’est-à-dire plus de 1 100 000 salariés, ont principalement touché certains domaines comme la restauration et l’hôtellerie qui occupent plus d’un tiers des emplois supprimés. Ce net recul de l’emploi de l’ordre de 3 % en moyenne annuelle, serait cependant beaucoup moins marqué que celui du PIB qui était à -13,8 % fin deuxième trimestre et aujourd’hui à -9 % . 

L’Insee estime donc que le PIB devrait stagner au dernier trimestre 2020, marquant un coup d’arrêt après le fort rebond du troisième trimestre qui a été établi à +16 %. L’Institut national de la statistique prévoyait jusqu’ici une petite croissance de 1 % du PIB au dernier trimestre. Une récession, c’est-à-dire une chute du PIB de 9 % est tout de même prévue sur l’ensemble de l’année 2020. En fin d’année, le PIB resterait alors sans progression depuis l’avant crise. 

Cette historique hausse du nombre de chômeurs est cependant ralentie par le chômage partiel. En effet, il y a pour l’instant, le gouvernement espère pouvoir rattrapé d’ici 2022 la perte d’activité due à la crise. Car même si les mesures de restrictions sont plus ciblées que le confinement décidé au printemps, elles vont encore dégrader les perspectives des secteurs concernés, à savoir l’hôtellerie-restauration, les loisirs ou les transports. un véritable phénomène de rétention de main-d’œuvre de la part de certaines entreprises qui conserveraient à ce stade une grande partie de leurs effectifs, bien que la baisse de leur activité soit considérable. 

Certains secteurs sont, en effet, plus affectés que d’autres. 

Près d’un tiers des pertes d’emploi au premier semestre était concentré dans les secteurs durablement impactés comme le transport de voyageurs, l’aéronautique, l’hébergement restauration et les activités culturelles et sportives alors même qu’ils ne représentent que 13 % de l’emploi salarié. 

Au second semestre, la quasi-stabilité de l’emploi salarié est la conséquence de deux effets opposés. D’une part le rebond de l’activité et la reprise des embauches dans certains secteurs dynamiseraient l’emploi et d’autre part les effectifs continueraient de se réduire dans les secteurs affectés durablement par la crise. Dans l’hébergement-restauration, après un léger rebond dû à la période estivale et une crise sanitaire presque « oubliée », l’activité resterait durablement dégradée. 

De plus, certaines villes comme Lille, Lyon ou encore Paris sont passé cette semaine en zone d’alerte maximum ce qui a donc entraîné la fermeture totale des bars. Les autres secteurs d’activité devraient, eux, voir la reprise se poursuivre. 

Un plan de relance en faveur de l’emploi des jeunes 

Un plan de relance en faveur de l’emploi des jeunes a été mis en œuvre à partir de juillet : un coup de pouce de 4.000 euros pour les entreprises qui embauchent un jeune de moins de 25 ans, cependant, ce serait selon l’Insee relativement limité d’ici la fin de l’année, empêchant toutefois que le niveau de l’emploi ne se dégrade davantage. 
Bien sûr un accent devrait être mis sur la formation, mais comment former une masse aussi importante de nouveaux chômeurs ? Est-il possible de faire revenir dans l’emploi des chômeurs de longue durée tandis que d’autres, plus récemment licenciés, ne trouveront pas eux-mêmes de travail ? 

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